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La mémoire du corps : quand notre corps garde la trace de notre vécu

Avez-vous déjà ressenti une boule au ventre face à une situation pourtant anodine ? Une tension dans les épaules qui apparaît systématiquement dans certaines périodes ? Ou encore une émotion intense sans parvenir immédiatement à comprendre pourquoi ?

Notre corps réagit parfois avant même que nous ayons eu le temps de mettre des mots sur ce que nous ressentons.

On parle alors parfois de « mémoire du corps ».

Mais que signifie réellement cette expression ? Notre corps peut-il garder une trace de ce que nous avons vécu ? Et quel lien peut-on faire avec la kinésiologie ?

Qu'entend-on par « mémoire du corps » ?

Lorsque nous vivons une expérience, celle-ci ne se limite pas à une pensée ou à un souvenir conscient.

Elle peut également s’accompagner de sensations physiques, d’émotions et de réactions physiologiques : accélération du rythme cardiaque, respiration plus rapide, tensions musculaires, sensation de chaleur, gorge serrée, ventre noué…

Notre cerveau et notre système nerveux apprennent également à reconnaître les situations associées à la sécurité ou, au contraire, au danger.

Ainsi, lorsqu’une situation actuelle ressemble, même partiellement, à une expérience passée, certaines réactions peuvent se déclencher très rapidement, parfois avant même que nous ayons consciemment identifié le lien.

C’est notamment cette réalité que l’expression « mémoire du corps » cherche à illustrer.

Il ne s’agit donc pas nécessairement d’imaginer que nos muscles ou nos tissus conserveraient littéralement nos souvenirs, mais plutôt de comprendre que notre vécu peut influencer durablement notre manière de réagir, aussi bien émotionnellement que corporellement.

Quand le corps réagit avant les mots

Imaginons une personne ayant vécu une période professionnelle particulièrement difficile.

Quelques années plus tard, elle change d’emploi et tout semble bien se passer. Pourtant, à l’approche d'une réunion ou lorsqu’elle reçoit un message de son responsable, elle ressent immédiatement une oppression, son ventre se noue ou ses épaules se contractent.

Rationnellement, elle sait que la situation actuelle est différente.

Mais son organisme peut avoir associé certains éléments — une situation, un ton de voix, une sensation, une ambiance — à une expérience antérieure stressante.

C'est pourquoi nous pouvons parfois nous demander :

« Pourquoi est-ce que je réagis aussi fortement alors qu’il ne se passe rien de grave ? »

La réaction ressentie est bien réelle, même lorsque nous n'en comprenons pas immédiatement l'origine.

Le rôle du système nerveux

Photo article mémoire du corps (1)

Notre système nerveux joue un rôle essentiel dans notre adaptation à l’environnement.

Face à une situation perçue comme menaçante ou stressante, notre organisme peut automatiquement mobiliser différentes réponses de protection : se préparer à agir, s’éloigner, se figer ou devenir particulièrement vigilant.

Ces mécanismes sont utiles : ils permettent à notre organisme de réagir rapidement lorsqu’une situation le nécessite.

Le problème apparaît plutôt lorsque notre système d’alerte se déclenche très facilement ou reste mobilisé alors que le danger n’est plus présent.

Cela peut parfois se manifester par :


  • des tensions musculaires ;

  • une respiration plus courte ;

  • une sensation de boule au ventre ou dans la gorge ;

  • une accélération du rythme cardiaque ;

  • des difficultés à se détendre ;

  • une fatigue importante ;

  • des difficultés d’endormissement ;

  • une sensation d’être constamment sur le qui-vive ;

  • certaines réactions émotionnelles particulièrement intenses.


Ces manifestations peuvent bien entendu avoir de nombreuses causes. Lorsqu’un symptôme physique est nouveau, persistant, important ou inquiétant, un avis médical reste indispensable afin d’en rechercher l’origine.

Pourquoi certaines réactions se répètent-elles ?

Nous avons tous déjà constaté que certaines situations semblent réveiller systématiquement la même réaction.

Pour une personne, ce sera la peur de prendre la parole devant plusieurs personnes. Pour une autre, la difficulté à dire non. Pour une autre encore, une sensation d’insécurité lorsqu’elle doit faire face à l’imprévu.

Ces réactions ne sont pas forcément liées à un seul événement marquant.

Elles peuvent aussi se construire progressivement au fil de petites expériences répétées, d’apprentissages, d’habitudes et de situations émotionnelles vécues au cours de notre histoire.

Et il n’est pas toujours nécessaire de retrouver précisément « l’événement responsable » pour avancer.

L’objectif peut simplement être d’observer ce qui se passe aujourd’hui :

qu’est-ce qui déclenche ma réaction ? Que ressens-je ? Comment mon corps réagit-il ? Et de quoi ai-je besoin pour retrouver davantage de sécurité et d’apaisement ?

Quel est le lien avec la kinésiologie ?

En kinésiologie, le corps occupe une place centrale dans l’accompagnement.

Lors d’une séance, nous pouvons nous intéresser à la manière dont une personne réagit face à une situation, un objectif ou une difficulté qu’elle rencontre actuellement.

Le test musculaire, lorsqu’il est utilisé dans certaines pratiques de kinésiologie, constitue un outil propre à cette approche. Il ne s’agit ni d’un examen médical ni d’un moyen permettant de diagnostiquer une maladie ou de prouver qu’un événement précis serait « stocké » dans le corps.

Il est utilisé dans le cadre de la séance pour orienter le travail du praticien et accompagner la personne dans l’exploration de son stress et de ses ressentis.

Selon les besoins de la personne et l’approche utilisée, différentes techniques peuvent ensuite être proposées afin de favoriser un état de détente et un meilleur équilibre.

Ecouter son corps autrement

Nous avons parfois tendance à considérer nos réactions corporelles comme gênantes et à vouloir les faire disparaître au plus vite.

Pourtant, elles peuvent aussi être une invitation à nous observer différemment.

Que se passe-t-il en moi lorsque cette situation arrive ?

À quel moment mon corps commence-t-il à se tendre ?

Quelle émotion est présente ?

Est-ce une réaction que je connais déjà ?

Prendre conscience de ces signaux ne signifie pas chercher une explication psychologique derrière chaque douleur ou chaque symptôme.

Il s’agit plutôt d'apprendre à reconnaître les liens possibles entre notre état émotionnel, notre niveau de stress, notre environnement et nos sensations corporelles.

Le corps et l'esprit ne fonctionnent pas séparément

Une émotion peut modifier notre respiration. Une période de stress peut augmenter nos tensions musculaires. Une sensation corporelle peut à son tour influencer notre état émotionnel.

Corps et esprit interagissent continuellement.

C’est peut-être finalement ce que l’expression « mémoire du corps » nous invite à retenir : notre histoire participe à la manière dont nous percevons et vivons certaines situations aujourd’hui.

Et parfois, lorsque les mots ne viennent pas immédiatement, commencer par observer ce que nous ressentons dans notre corps peut déjà nous apporter de précieuses informations.

En conclusion

Notre corps n’est pas seulement un ensemble de muscles, d’organes et d’articulations. Il participe pleinement à notre manière de vivre les émotions, le stress et notre environnement.

Certaines expériences peuvent laisser des traces dans nos apprentissages et influencer nos réactions futures. Comprendre ces mécanismes peut nous aider à porter un regard différent sur certaines réactions qui semblent, au premier abord, difficiles à expliquer.

La kinésiologie propose justement une approche dans laquelle une attention particulière est portée aux réactions corporelles et au stress ressenti par la personne.

Non pas pour effacer son histoire, mais pour l’accompagner vers davantage de compréhension, d’apaisement et de liberté dans sa manière de réagir au présent.

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