Le Brain Gym
Concentration difficile, agitation, fatigue mentale, sensation d’être « dans le brouillard », stress avant un examen ou simplement besoin de retrouver un peu de calme et de disponibilité…
Dans ces moments-là, remettre le corps en mouvement peut être une manière simple de faire une pause, de mobiliser son attention et de retrouver de meilleures sensations corporelles.
C’est dans cette approche que s’inscrit le Brain Gym, un ensemble de mouvements simples utilisé notamment dans certains courants de kinésiologie éducative.
Mais qu’est-ce que le Brain Gym exactement ? À quoi servent ses mouvements ? À qui s’adresse-t-il et comment peut-on l’utiliser au quotidien ?
Qu’est-ce que le Brain Gym ?
Le Brain Gym est une méthode développée dans le cadre de l’Educational Kinesiology (Edu-K) par Paul et Gail Dennison.
Elle rassemble 26 activités et mouvements simples pouvant être réalisés par les enfants comme par les adultes.
On y retrouve notamment :
- des mouvements croisés ;
- des exercices d’équilibre et de coordination ;
- des mouvements des yeux et de la tête ;
- des étirements ;
- des positions statiques ;
- des exercices faisant intervenir la respiration et l’attention corporelle.
Le principe général est simple : utiliser le mouvement comme support pour se remettre en action, porter son attention sur son corps et se préparer à une activité demandant de la concentration ou de la coordination.
Les exercices sont courts et ne nécessitent généralement aucun matériel particulier, ce qui les rend faciles à intégrer dans le quotidien.Brain Gym et kinésiologie : quel est le lien ?
Le Brain Gym appartient plus précisément au courant de la kinésiologie éducative, ou Educational Kinesiology.
Il ne représente donc pas à lui seul l’ensemble de la kinésiologie.
Dans ma pratique, ces mouvements peuvent constituer des outils complémentaires.
L’intérêt du mouvement est notamment de ramener la personne vers ses sensations corporelles et de lui proposer quelque chose de concret qu’elle peut parfois reproduire facilement chez elle.Le mouvement et les fonctions cognitives sont étroitement liés.
Bouger mobilise simultanément de nombreuses fonctions : perception de son corps, équilibre, coordination, orientation dans l’espace, attention, planification du geste ou encore adaptation à l’environnement.
Une activité physique régulière est par ailleurs associée à de nombreux bénéfices pour la santé physique et mentale ainsi qu’à certains bénéfices cognitifs.
Les 26 mouvements du Brain Gym
Le programme Brain Gym est constitué de 26 mouvements ou activités.
Ils sont traditionnellement regroupés autour de différentes dimensions de l’apprentissage et du mouvement.
Parmi les exercices les plus connus, on retrouve notamment :
Les mouvements croisés
Les mouvements croisés consistent à faire intervenir alternativement les côtés droit et gauche du corps.
Par exemple, on peut venir toucher le genou gauche avec la main droite puis le genou droit avec la main gauche.
Ils sollicitent notamment :
- la coordination droite-gauche ;
- le rythme ;
- l’équilibre ;
- l’attention portée au mouvement ;
- la conscience corporelle.
Ils peuvent constituer une petite routine intéressante avant une activité nécessitant de la concentration.
L’éléphant
Dans cet exercice, la tête se rapproche du bras pendant que celui-ci dessine de grands huit couchés dans l’espace.
Ce mouvement fait intervenir simultanément le regard, la tête, le bras et le reste du corps.
Il demande notamment de coordonner plusieurs informations sensorielles et motrices.
Le huit couché
Le huit couché consiste à tracer avec la main ou le regard un grand symbole de l’infini : ∞.
Il mobilise notamment le suivi visuel, la fluidité du geste et la coordination œil-main lorsqu’il est réalisé graphiquement.
Il peut par exemple être proposé avant une activité d’écriture ou de dessin comme exercice de préparation motrice.
Les points positifs
Les « points positifs » consistent traditionnellement à placer doucement les doigts sur certaines zones du front pendant quelques instants.
Dans la pratique du Brain Gym, cet exercice est utilisé comme un moment de pause et de recentrage.
On peut surtout l’envisager comme une occasion de ralentir, respirer et porter son attention sur ses sensations.
Dans quelle situations utiliser le Brain Gym ?
Les mouvements peuvent être intégrés dans de nombreuses situations du quotidien.
Avant les devoirs ou une activité scolaire
Quelques minutes de mouvements peuvent permettre à l’enfant de faire une transition entre deux activités, particulièrement après une longue période assise.
On peut par exemple prévoir :
- quelques mouvements croisés ;
- un huit couché ;
- quelques respirations tranquilles ;
- puis commencer le travail.
Avant un examen ou une situation stressante
Une petite routine corporelle peut offrir un moment pour ralentir et se recentrer avant une situation demandant beaucoup d’attention.
Lors d’une journée de travail
Le Brain Gym n’est pas réservé aux enfants.
Chez l’adulte, quelques mouvements peuvent être utilisés comme pause active, notamment après une longue période passée devant un écran ou en position assise.
Lorsque l’on ressent le besoin de bouger
Chez certaines personnes, rester longtemps immobile devient inconfortable.
Plutôt que de considérer systématiquement le mouvement comme un obstacle à la concentration, une courte pause active peut parfois permettre de reprendre ensuite l’activité dans de meilleures conditions.
Et chez les enfants ?
Le Brain Gym est souvent proposé aux enfants parce que les mouvements sont courts, ludiques et facilement reproductibles.
Il peut être intéressant d’intégrer quelques mouvements :
- avant les devoirs ;
- après l’école ;
- entre deux activités ;
- avant une activité demandant de la concentration ;
- lors d’une pause ;
- ou simplement comme petit moment de mouvement partagé avec un parent.
L’objectif n’est pas de rechercher la performance.
L’enfant peut progressivement apprendre à reconnaître les exercices qu’il apprécie et les moments où une pause corporelle lui fait du bien.
Et pour les troubles de l’attention, la dyslexie ou les difficultés scolaires ?
Les données scientifiques disponibles ne permettent pas de présenter le Brain Gym comme un traitement validé de ces troubles.
Il ne doit donc pas remplacer un bilan ou un accompagnement réalisé par les professionnels compétents : médecin, neuropsychologue, logopède/orthophoniste, psychologue, psychomotricien, ergothérapeute ou autre professionnel selon la situation.
En revanche, des mouvements simples peuvent parfaitement trouver leur place en complément, comme pauses actives ou outils corporels, si la personne les apprécie et qu’ils lui sont adaptés.
Combien de temps faut-il pratiquer ?
Il n’est pas nécessaire de réaliser les 26 mouvements chaque jour.
L’un des intérêts de cette approche est justement sa simplicité.
Une routine peut ne durer que quelques minutes.
Par exemple :
1 minute de mouvements croisés
1 minute de huit couché
1 minute d’étirement
1 à 2 minutes dans une position calme accompagnée d’une respiration tranquille
L’important est avant tout de choisir des mouvements adaptés à la personne et de les réaliser sans douleur.
Le Brain Gym en séance
Lors d’un accompagnement, un mouvement peut être proposé en fonction de l’objectif travaillé et des besoins de la personne.
Mais ce que j’apprécie particulièrement avec ce type d’outil, c’est sa simplicité et son autonomie.
Lorsqu’un exercice convient à la personne, il peut être repris à la maison.
L’idée n’est donc pas uniquement de réaliser un exercice pendant la séance, mais aussi de permettre à la personne de repartir avec un outil concret, simple et facilement reproductible dans son quotidien.
Pour un enfant, cela peut devenir un petit rituel avant les devoirs.
Pour un adulte, une pause entre deux périodes de travail.
Pour une autre personne, simplement quelques minutes consacrées au mouvement et au recentrage.